|
Vie
de l'Association
ADHESION
A L'ASSOCIATION
Les
adhésions à l'association "Fidélité
et Ouverture" sont à envoyer à la Trésorière
:
Mlle
Monique Roure, 32 rue Camille Desmoulins, 37000 TOURS.
Montant
de l'adhésion : 32 Euros par an. Obole minimale : 8
Euros.
Abonnement d’essai : 16 €
(tout abonnement permet de recevoir les bulletins trimestriels
pendant un an)
Possibilité
de demander un reçu pour réduction d'impôts.
Journées
de prière et d'amitié 2011
du lundi 26 après-midi au jeudi 29 septembre inclus
à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire
Lundi 26 septembre : Arrivée dans
l'après-midi et installation.
Mardi
27 et mercredi 28 septembre : conférences
et visite de l'abbaye à répartir dans les matinées
et les après-midi.
Jeudi
29 septembre : Conférence le matin. Après
le déjeuner, excursion dans les environs (Germigny-des-Prés
par exemple) et départ.
Participation
aux Laudes, tierces, messe, nones, vêpres et nocturnes.
Inscriptions avant le 10 septembre auprès de Mlle Roure
Tel 02 47 64 23 34 ou de Mlle Manson 02 47 05 22 90
Le
prix de pension en chambre avec confort s'établit entre
30 et 35 € par jour (chambre, petit-déjeuner,
repas de midi et du soir).
BULLETIN
D'INSCRIPTION
Mme
Mlle M. …………………………………………
S'inscrit
aux journées de septembre à Saint-Benoît-sur-Loire
et verse un acompte de 50 € (à l'ordre de Fidélité
et Ouverture).
à
envoyer à Mlle Manson, 13, rue Sully, 37000 TOURS
Il
sera possible d'aller chercher des personnes en gare d'Orléans.
IN
MEMORIAM
Monsieur
Gérard SOULAGES est le fondateur du Groupe FIDELITE
ET OUVERTURE.
Professeur
de philosophie à Châteauroux, ses engagements
dans la vie de l'Eglise lui ont fait connaître de près
tous les remous existant depuis les années 30 et l'ont
mis en contact avec d'éminentes personnalités,
universitaires comme H.I. Marrou, J. Perret, G. Marcel, J.
Guitton, ou ecclésiastiques comme les cardinaux Journet,
de Lubac, Daniélou.
Tous
appelaient de leurs vux le renouveau que devait apporter
le Concile Vatican II, mais tous ont ressenti une vive inquiétude
en constatant qu'une mauvaise interprétation de celui-ci
tendait à occulter des aspects majeurs de la foi chrétienne,
" la Foi chrétienne authentique, celle qui nous
enracine dans le Dieu de la Révélation, celle
qui sait les étapes de l'histoire du salut, la place
d'Israël, la Seigneurie du Christ, le rôle de l'Esprit
dans l'Eglise, et l'importance de ce jugement dernier que
certains s'obstinent à nous faire oublier " (Préface
de G. Soulages à son Dossier
sur le problème de la catéchèse
- 1977).
C'est
pourquoi, encouragé par les grands esprits et grands
serviteurs de l'Eglise ci-dessus nommés, Monsieur Soulages
a fondé en 1972 le groupe Fidélité
et Ouverture : fidélité à
la grande Tradition de l'Eglise, entendue non comme un héritage
figé, mais comme une transmission vivante des vérités
de la foi, et en même temps ouverture aux problèmes
spécifiques des hommes de ce temps.
Animateur
infatigable tant que sa santé le lui a permis, et grâce
à l'appui sans faille de son épouse, Gérard
Soulages a maintes fois souligné dans ses livres, dans
le bulletin trimestriel du Groupe, dans les réunions
de celui-ci à Paris ou ses sessions d'été,
l'importance de toutes
les propositions du Credo (il aurait souhaité une plus
large diffusion du "Credo de Paul VI", armature
toute trouvée d'une catéchèse solide)
; le lien entre la vie spirituelle et la morale chrétienne,
fidèle au Décalogue et aux Béatitudes
; la lecture des Ecritures, dont le Magistère est l'exégète
autorisé ; l'attention aux écrits des Pères
aussi bien qu'à la vie des saints les plus humbles
; la place, dans notre vie chrétienne, de la Vierge,
des martyrs, des saints, qui dès l'origine ont aidé
tant de générations à vivre leur foi
; l'économie sacramentelle reçue du Christ,
et transmise, développée, précisée
par l'Eglise et les conciles ; l'importance, par conséquent,
du sacerdoce ministériel et du saint sacrifice de la
Messe ; la confiante obéissance au Pape et aux évêques
en communion avec lui, et donc aux apports du concile Vatican
II, sans qu'on se permette de l'interpréter au gré
des fantaisies individuelles pour lesquelles ouverture au
monde signifie parfois, abusivement, conformité aux
revendications de l'hédonisme matérialiste ambiant.
Il faut signaler aussi ses rapports confiants avec un saint
prêtre, exégète éminent, M. l'Abbé
Carmignac ; il appréciait son souci de ne pas lancer
sans contrôle dans le grand public des hypothèses
de travail propres à déstabiliser la foi, mais
de montrer au contraire par une patiente et savante analyse
des textes - ceux de Qûmran par exemple - combien le
contenu des Evangiles était fiable.
Ancré
dans ce qu'il appelait "l'abrupt de la foi", Gérard
Soulages savait qu'au cur de toute vie chrétienne
authentique se place l'épreuve de la Croix, mais il
avait parallèlement une confiance totale dans la miséricorde
infinie de Dieu ; aussi accompagnait-il la signature de toutes
ses lettres de la formule : " In misericordia Domini
".
Il
n'est pas étonnant que ces dispositions lui aient valu
l'estime de maints grands théologiens de notre époque,
y compris le théologien protestant Oscar Cullmann qui
trouvait avec lui bien des points d'accord, ou le théologien
catholique Hans Urs von Balthazar avec qui il échangea
une correspondance suivie. Ni qu'il ait salué avec
une joie profonde la clarté et la fermeté des
enseignements du Pape Jean-Paul II ; la publication du "Catéchisme
de l'Eglise Catholique" et, à une date toute récente,
de son abrégé, répondait aussi opportunément
à sa profonde souffrance devant les échecs de
la transmission de la foi dans au moins deux générations
successives.
Il
supporta patiemment de rencontrer des incompréhensions
agacées et se targua peu des échos favorables
à ses efforts obtenus parfois au plus haut niveau,
lui qui se qualifiait volontiers de " serviteur inutile
encore utilisé " ; son rôle dans l'Eglise
ne fut pas négligeable et le temps permettra de mieux
le mesurer.
Le
Groupe Fidélité et
Ouverture, constitué de personnes bien différentes
par leur origine, leurs options, leur sensibilité,
s'est soudé autour des certitudes de foi défendues
avec un courage admirable par Monsieur Soulages, et les a
relayées auprès de divers milieux et mouvements
; " communauté utopique et provisoire ",
disait-il avec une souriante humilité, mais l'amitié
spirituelle profonde qui la caractérise survivra à
son fondateur.
Gérard
Soulages est mort au matin du 3 Octobre, jour de sa fête.
A cette date, pour l'office du milieu du jour, on récite
des extraits du psaume 118 (119 suivant l'autre numérotation)
; il pourrait tout entier servir d'illustration au combat
de ce grand serviteur du Christ et de l'Eglise. Retenons seulement
ces quelques versets pour conclure :
"
Dans tes volontés je mets mes délices ;
Je n'oublie pas ta parole (
)
Guide-moi au chemin de tes commandements,
Car j'ai là mes délices.
(
) Que ta main me soit en aide,
Car j'ai choisi tes préceptes !
(
) Que vive mon âme à te louer ! "
|
Marie-Louise
MANSON
Secrétaire de Fidélité
et Ouverture
13, rue Sully 37000 TOURS |

Quelques
photographies de membres du Groupe Fidélité
et Ouverture






LA
FOI DE L'ÉGLISE ET L'ÉCRITURE
(extrait
du bulletin N° 167 de janvier 2003)
Voici
un texte important de Gérard Soulages. Il est possible
de commander les bulletins en prenant contact par e-mail.
Monsieur le Cardinal Ratzinger nous a adressé, en mars
2001, une lettre très importante. Je voudrais réfléchir
sur ce texte qui devrait guider l'effort du groupe "FIDÉLITÉ
et OUVERTURE".
I
- (Citation de la lettre du Cardinal Ratzinger)
|
Joseph
Cardinal Ratzinger
I - 00120 CITTA DEL VATICANO
2 mars 2001
M. Gérard Soulages
Fidélité et Ouverture
81 bis, Avenue de Blois
F-36000
CHÂTEAUROUX
Monsieur
Recevez mes excuses pour le retard de ma présente
réponse, dû à l'abondance de travail
au cours de ces derniers mois.
J'ai
lu avec une attention particulière vos réflexions
sur le péché originel. Elles constituent
un grand pas au sujet de la relecture nécessaire
de ce dogme dans le contexte de la vision moderne du
cosmos et de l'origine de l'homme, profondément
pénétrée par l'idée d'un
monde en évolution. Ces réflexions vont
dans la juste ligne et jettent une lumière nouvelle
sur la compréhension de l'essence du péché
originel.
Je
vous remercie aussi pour les autres apports et surtout,
pour la patiente et continuelle insistance sur la redéfinition
de l'exégèse historico-critique en référence
à la nécessité d'une lecture ecclésiale
de la Bible. Celle-ci doit prendre en compte l'interdépendance
réciproque qui existe entre l'Eglise et l'Écriture.
La Parole de Dieu porte en soi l'Eglise dans laquelle
et de laquelle elle est née et l'Eglise, à
son tour, vit de l'Écriture à travers
laquelle son Époux, le Christ lui parle.
En
vous renouvelant ainsi qu'à tous les membres
de "Fidélité et Ouverture" mes
meilleurs vux, je vous prie d'agréer l'expression
de mes sentiments dévoués.
Joseph Card. Ratzinger
|
J'analyserai
d'abord la deuxième partie de ce document qui traite
de "l'existence Historico-critique en référence
à la nécessité d'une lecture ecclésiale
de la Bible". Par besoin de vérité,
le chrétien comme tout homme est incliné à
une analyse critique des textes bibliques. Pour nous guider,
notre ami Henri Marrou nous a laissé une sorte de testament
d'historien avec son livre : "De la connaissance historique"
(Seuil), que confirme l'uvre de Jean Guitton. Nous devons
pratiquer une lecture critique des textes de l'Ancien et du
Nouveau Testament. Mais une telle lecture n'est saine que
si elle se double de la "critique de la critique",
de la prise de conscience des pré-supposés,
des pré-jugements philosophiques et théologiques
qui commandent cette critique. Au siècle dernier, le
Père Lagrange a été pour nous un modèle
d'une critique ouverte des textes du Nouveau Testament qui
nous délivrait de Loisy et de Bultmann.
En
ce moment, je lis avec une grande attention le dernier travail
du Père Philippe Rolland : "La mode "pseudo"
en exégèse" (Éditions de Paris).
Une analyse extrêmement minutieuse montre à l'évidence
que les derniers livres du Nouveau Testament ne sont pas des
faux tardifs, mais qu'ils sont témoins de ce tragique
combat qu'ont mené les disciples du Christ par amour
de leur Seigneur Jésus. On peut et on doit dater avec
précision ces documents, et tout d'abord l'épître
aux Hébreux, - et avec elle une série de textes
qui s'entrelacent et dépendent les uns des autres.
Pour les derniers textes du N.T., le Père Rolland propose
l'ordre suivant : d'abord, Tite, 1ère Timothée,
2ème Timothée, 2ème Pierre, Hébreux,
Jude. Et tous ces documents doivent être situés
avant la chute du Temple, avant 70. Résultat : avec
tous ces textes étonnamment reliés entre eux,
interdépendants et datés avec précision,
le Nouveau Testament se présente comme témoin
d'un fait historique très précis, massif, incontournable,
qui fonde la Foi de l'Eglise. L'Eglise naissante se découvre
comme un tout vivant, comme une semence, comme un véritable
germe unifié qui ne demande qu'à grandir et
qu'à se développer.
Mais,
près de cette exégèse historico-critique,
près d'une analyse scientifique des textes de la Bible,
il faut mettre quelque chose d'encore plus essentiel, la
recherche de la signification spirituelle de tous ces textes
pour la foi. Les philosophes, les théologiens se
servent d'un terme savant pour désigner cette recherche
: l'herméneutique. Avec cette recherche, nous
entrons directement dans le domaine religieux chrétien,
et même les hommes d'Eglise les plus humbles, deviennent
des "herméneutes", des témoins spirituels
des réalités enfermées dans l'Écriture,
dès qu'ils veulent commenter le moindre texte de la
Bible - par exemple chaque dimanche lorsque le prêtre
doit expliquer à la messe les textes de la liturgie.
Paradoxe : c'est l'Eglise elle-même qui est "herméneute"
par excellence, celle qui a la charge de dire le sens spirituel
de l'Écriture, de faire connaître aux hommes
la vraie signification de la Révélation. Cela
nous délivre de nombreuses hésitations et de
nombreuses erreurs. Immense importance des Conciles cuméniques.
Un concile réunit tous les évêques de
l'Eglise à un moment solennel de son histoire ; et,
de ce fait, il oblige ces témoins privilégiés
de la foi à travailler ensemble, à échanger
leur savoir, leur expérience chrétienne, leur
enracinement en Dieu. Surtout, réalité ecclésiale
bien plus profonde : l'Eglise affirme que l'Esprit Saint est
présent et agit au cur des débats d'un
Concile, non seulement dans l'intention secrète qui
commande chacun des Pères conciliaires, mais globalement
avant tout et surtout parce que l'Eglise est l'Épouse
de Christ et que Dieu prend un soin particulier, vraiment
unique, de son Épouse. Résultat : le simple
fidèle peut se dire lui-même, peut proclamer
sans hésiter : "Je crois ce que croit l'Eglise,
ce qu'elle affirme, ce qui la fonde". Ainsi est dépassée,
rectifiée, complétée la simple exégèse
historico-critique. Plus profondément : avec l'herméneutique,
la recherche ecclésiale de la signification des Écritures
est accomplie. La foi établit dans chaque chrétien
un fondement d'une extrême solidité, qui est
bien plus que ce que nous pouvons arriver à connaître
personnellement avec nos propres forces et notre propre savoir,
mais qui est ce que tout croyant reçoit et sait, avec
les forces et le savoir de l'Eglise, avec les Forces et le
mystérieux Savoir de Dieu. Importance primordiale du
Credo.
II
-
L'analyse
du deuxième paragraphe de la lettre du Cardinal Ratzinger
va nous permettre d'aborder la première partie de ce
document et de l'approfondir, en réfléchissant
sur le dogme du Péché Originel. L'élaboration
de la notion de "Péché Originel" dépend
certainement de l'exégèse critique des textes
de l'Écriture, en particulier de l'exégèse
du premier livre de la Bible, la Genèse, - mais,
en même temps, ce dogme relève de l'enseignement
le plus assuré de l'Eglise, un enseignement qui nous
oblige à réfléchir sur le destin de l'Humanité
et sur la signification spirituelle de ce destin. Nous retrouvons
ainsi l'herméneutique.
Que
l'on m'autorise des confidences
Dans ma jeunesse, j'avais
été mêlé à des recherches
sur l'origine de l'homme, celles que menaient Teilhard de
Chardin, l'abbé Breuil, Mademoiselle Henriette Alimen,
Edouard Le Roy, et bien d'autres chercheurs, certains philosophes
de grande autorité. Nous ne dirons jamais assez ce
que nous devons à Bergson. Une question me tracassait
: comment l'acquis scientifique moderne, définitif
en certains points, peut-il être concilié avec
l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur le mystère
de l'homme et sur le Péché Originel ? A première
vue, il y avait là une contradiction. Une réponse
nous était donné par le Père Teilhard
de Chardin qui voit dans l'émergence d'un être
pensant capable de raison et de réflexion, capable
de liberté, l'accomplissement supérieur de la
Vie. A la bio-sphère succède la noosphère,
la sphère de l'Esprit qui définit le domaine
de l'Humanité. Certes il est difficile de percevoir
quand un "hominidé" n'est plus un simple
animal entièrement soumis aux déterminismes
de la nature, mais devient un être véritablement
humain. En fait, ce problème est lié aux obscurités
dès que l'on cherche à passer du domaine objectif
des faits à leur signification spirituelle pour le
philosophe et pour le théologien.
Cette difficulté apparaît lorsque nous nous demandons
à quel moment un embryon fécondé devient
un être humain véritable. Déjà
saint Thomas d'Aquin semble avoir hésité, lorsqu'il
se demandait s'il fallait attendre trois mois pour dire qu'un
ftus est véritablement un être humain
Entre un embryon fécondé et un être humain
accompli, il y a autant de différences qu'entre le
tout petit enfant et l'homme adulte, - cependant cet embryon
fécondé, ce ftus humain définitivement
accompli, ce tout petit enfant qui vient de naître,
cet homme pleinement adulte sont un seul et même être,
- et l'on parle de "personne humaine". Nous sommes
au cur des problèmes métaphysiques les
plus difficiles.
Ce
que je viens d'écrire me rend humble et prudent. Qu'est-ce
que le Péché Originel ? Oui, le Péché
Originel est un dogme fondamental pour la foi chrétienne,
mais pouvons-nous nous représenter empiriquement un
tel Péché ? Pour le Christianisme traditionnel,
ce Péché Originel est bien autre chose qu'un
accident de l'évolution, bien autre chose qu'un "ratage",
qu'une "régression", qu'une "involution"
Pour bien comprendre cette réalité, il faut
méditer sur le texte de la Genèse, qui finalement
nous renvoie à toute la Bible, à une Humanité
en débat avec Dieu. Qui est Adam ? Un individu historique
précis, ou bien un type, le modèle de l'être
humain, mieux, le modèle de l'Humanité ? Certes,
le livre de la Genèse est bien plus qu'une parabole,
mais c'est d'abord une parabole d'une profondeur extraordinaire
qui nous découvre le destin mystérieux de l'Homme.
Adam est un insoumis, celui qui a goûté
au fruit de l'Arbre du Bien et du Mal et qui désormais
refuse d'obéir à Dieu. Dans ma jeunesse, je
reprochais au vénéré Père Lagrange,
de n'avoir pas publié ses recherches sur la Genèse.
Je pense maintenant que le Père Lagrange a eu raison
d'obéir. Il faut donner du temps aux hommes pour aborder
certains problème. Désormais, nous n'avons plus
de difficultés majeures pour analyser les divers problèmes
que pose le livre de la Genèse et pour aborder sereinement
le mystère du Péché Originel. Ce Péché
nous découvre une Humanité qui refuse de se
soumettre à Dieu et qui, perdant le sens de Dieu, perd
le secret de sa finalité. De ce fait, l'Humanité
ne sait plus où elle va. L'Humanité historique,
insoumise, sans finalité, écrasée parfois
par le doute, tentée par l'athéisme, est capable
du meilleur et du pire, du Bien et du Mal. Nous faisons l'expérience
des conséquences du Péché Originel, même
si nous ne pouvons pas élucider ce mystère,
même si nous ne pouvons pas nous représenter
"empiriquement" le Péché Originel
lui-même, - je l'ai écrit plusieurs fois.
Pour parler le langage de la théologie du Concile de
Trente, le "Peccatum Originale Originans", la cause
visible du Péché Originel, à la fois
historique et métaphysique, échappe à
l'homme. En revanche, nous faisons l'expérience des
conséquences parfois effrayantes de ce Péché.
Ainsi nous touchons du doigt, non seulement les contradictions
tragiques, mais encore, et bien plus profondément,
la nécessité d'un Salut et d'une Révélation.
Péché
Originel : problème très difficile. Comme nous
remercions le Cardinal d'avoir reconnu notre effort ! :
"Ces
réflexions vont dans la juste ligne et jettent une
lumière nouvelle sur la compréhension de l'essence
du péché originel
Elles constituent un
grand pas au sujet de la relecture nécessaire de ce
dogme dans le contexte de la vision moderne du cosmos et de
l'origine de l'homme, profondément pénétrée
par l'idée d'un monde en évolution".
Conclusion
: Nous retrouvons la première partie de ce travail
Oui, nécessité d'une exégèse historico-critique,
à condition que l'on soit capable de la "critique
de la critique", - à condition surtout que cette
exégèse soit renouvelée par l'herméneutique,
par une recherche ecclésiale de la Signification spirituelle
de l'Écriture pour la Foi.
Gérard SOULAGES

|